Depuis combien de temps n'avons nous plus les couilles de tomber amoureux?
Si l'on préfère à l'incertitude jouissive que procure l'amour la rationnalité et la fidelité du vide-ordure, que reste - t - il de la sensibilité dont la plupart se targue pourtant, comme d'un "je suis sensible mais l'amour m'a fait mal quand j'avais 15 ans"? Elle n'existe pas. Il ne faut pas la fantasmer, la sensibilité, il faut avoir le courage de l'encaisser, de ravaler sa fierté pour ne pas devenir un con fini.
Il y a de ça quelques décennies donc, les lettristes arrêtent d'aimer pour mieux rêver.
Aujourd'hui, être rock'n'roll, c'est emmerder l'amour. Etre rebelle, c'est épouser le vide-ordure. Trop peur de prendre des claques, on sacralise la relation froidement sexuelle, par défaut finalement, alors même qu'elle n'est jamais satisfaisante, mais tellement gratifiante. Avoir peur de tomber amoureux au XXI° siècle, c'est la classe. Etre sensiblement lâche, c'est être touchant aux yeux des autres.
De plus, que reste - t - il à ceux qui décident odieusement de tomber amoureux (oh les ringards)? Ils sont ennuyant, avec leurs baisers et leur bonheur, dieu qu'on les maudit d'être heureux, eux et leurs niaiseries tellement cliché romantisme XIX° Baudelaire Rachmaninov.
Ciel, sommes nous si ridicules que ça en décidant de se relever après le chagrin, encore une fois, après avoir cru encore une fois que l'on y arriverait plus? Est-ce être monotone que de trouver le vide-ordure horriblement froid et très peu constructif?
Aujourd'hui, vous ne faites pas le choix de repousser l'amour. Vous ne décidez pas de vous amuser. Vous préferez la facilité à tout le mal qu'il faut se donner pour construire, vous choisissez la faiblesse de se complaire dans ce chagrin d'amour _si unique à vos yeux_ au courage de se relever. Oui, je le dis haut et fort, je fais partie de ces gros cons détestables et niais qui vivent en couple et qui en sont fiers, et qui préfèrent à l'infidélité d'un soir la sueur qu'il faut pour tenir deux coeurs ensemble.
Je suis heureux d'avoir eu les couilles de cracher dans le vide-ordure avant de le souder à l'étain.